Marie-Thérèse, c’est moi! Spécial

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  • Cela fait trente ans que Marie-Thérèse Porchet connaît en Suisse un succès qui ne se dément pas: son spectacle anniversaire trouve son public. Qui rit même lorsqu’il n’est pas certain qu’il soit de bon ton de rire. Que voulez-vous? La dame de Gland n’a pas changé. Il faut croire que son public non plus. Il faut dire, surtout, que nous ne changeons jamais tout à fait. La nature humaine étant ce qu’elle est, nous ne sommes toujours pas parfaits et ne le serons pas demain. Moralement comme dans bien d’autres domaines, convenons-en à regret, nous sommes fondamentalement médiocres – moyens, si vous préférez. Le génie relève de l’extraordinaire, les fées ne se penchant pas sur beaucoup de berceaux.

    Joseph Gorgoni en a en tout cas assez, de génie, pour camper la synthèse des médiocrités humaines. L’oncle raciste? C’est Marie-Thérèse Porchet. La tante portée sur la boisson? C’est elle aussi. Le grand-père homophobe? C’est elle. La cousine médisante? Encore elle. Cherchez n’importe quel défaut, vous le trouverez chez elle. Même lorsqu’elle se discipline, s’efforce d’être plus ouverte et plus tolérante ou sait qu’il ne faudrait pas dire ce qu’elle va quand même dire…

    Cherchez n’importe quel défaut, vous le trouverez chez elle.

    Si ses piques assassines nous amusent autant que certains calembours oubliables (qui se souvient du «Bonne route, Ruth!» lancé à Ruth Dreifuss en 1997?), c’est que l’une ou l’autre n’aurait pas dépareillé dans notre bouche. Nous avons de la sympathie pour elle parce qu’elle nous ressemble, toute proportion gardée. Nous qui, comme elle, essayons de combattre nos mauvaises pensées, nos intolérances, nos sarcasmes. Pas toujours avec succès. Quand nous rions, nous rions avec elle, pas d’elle. Et nous rions de nous. Avec le soulagement de découvrir que nous partageons nos défauts avec nos frères humains.

    Marie-Thérèse Porchet a du succès parce qu’elle représente l’essence du théâtre: elle nous met face à nos travers en nous en laissant seuls juges. Il ne nous reste plus qu’à nous exclamer, à la manière de Flaubert, un peu contrits aussi, que, oui, parfois, «Marie-Thérèse, c’est moi».

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