Une dignité à rendre Spécial

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  • Il y a vingt ans, un professeur d’économie disait à ses étudiants du collège de Saint-Maurice redouter qu’on inscrive sur sa tombe l’épitaphe «Le travail fut sa vie». En rappelant l’origine latine du mot: tripalium, un instrument de torture. Au-delà de la plaisanterie, il y avait là une invitation à une vraie réflexion sur une activité qui structure notre existence: jeunes, nous nous formons en vue d’exercer un métier qui occupera ensuite 42 heures de nos semaines en attendant que ses fruits nous permettent de vivre sans plus nous y consacrer.

    Et nous nous imaginons heureux à chaque étape puisque, une fois acceptée la divine sanction nous imposant de tirer notre nourriture du sol dans la peine, nous avons trouvé au travail une raison d’être: nous mettre à l’abri des vices qu’engendre l’oisiveté, subvenir aux besoins de notre famille et nous épanouir en contribuant à l’épanouissement de la société. Vision idéaliste car, pour beaucoup, le travail a perdu tout intérêt, a posteriori aussi: pourquoi ces années de labeur s’il ne permet pas de vivre convenablement ensuite?

    A quoi ressembleront les retraites dans dix ou trente ans?

    L’appel du large auquel répondent certains retraités suisses (lire en page 22) n’a rien d’enviable lorsqu’il est motivé davantage par la nécessité de s’en sortir que par les reflets de la mer. Or la dernière réforme de l’AVS et celle à venir du deuxième pilier ne promettent pas des lendemains qui chantent mieux. Les taux d’activité réduits parce que le sens de la vie se trouve de moins en moins sur le lieu de travail non plus: qui dit moins d’heures dit moins de salaire, moins de cotisations et moins d’épargne. A quoi ressembleront les retraites dans dix ou trente ans? Et comment les retraités vivront-ils?

    L’enjeu est majeur, et il serait bon qu’il préoccupe les candidats aux élections fédérales de cet automne (et pas uniquement pour changer un peu des refrains prévisibles sur la limitation de la migration et la déconstruction du genre). D’autant que nous sommes tous concernés, individuellement et en tant que société: il est urgent de rendre leur dignité à la retraite et au travail.

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