Le pape prend la parole Spécial

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  • Pour le pape François, «aimer l’autre, c’est déjà une prière». Pour le pape François, «aimer l’autre, c’est déjà une prière».

    A l’occasion du 10e anniversaire de son pontificat, le pape François a accordé une interview à la Radio Télévision Suisse italienne (RSI). Extraits de cet entretien qui s’est déroulé à la maison Sainte-Marthe.

    Saint-Père, qu’est-ce qui a changé en dix ans?

    François: – Je suis vieux. J’ai moins d’endurance physique. Ma blessure au genou a été une humiliation physique même si maintenant elle guérit bien.

    Beaucoup vous décrivent comme le pape des petits. Le ressentez-vous comme tel?

    – Il est vrai que j’ai une préférence pour les laissés-pour-compte, mais cela ne veut pas dire que je rejette les autres. Les pauvres sont les préférés de Jésus. Mais Jésus ne renvoie pas les riches. (…) Nous ne devons pas oublier ceci: l’Eglise n’est pas une maison pour certains, elle n’est pas sélective. Le peuple saint et fidèle de Dieu, c’est cela: tout le monde.

    Pourquoi certaines personnes se sentent-elles exclues de l’Eglise en raison de leur conditions de vie?

    – Le péché est toujours là. Il y a des hommes d’Eglise, des femmes d’Eglise, qui créent une distance. Et c’est un peu la vanité du monde: se sentir plus juste que les autres; mais ce n’est pas juste. Nous sommes tous pécheurs. A l’heure de vérité, mettez votre vérité sur la table et vous verrez que vous êtes un pécheur.

    Comment imaginez-vous l’heure de vérité?

    – Je ne peux pas l’imaginer. Je ne sais pas ce qu’elle sera. Je demande seulement à la sainte Vierge d’être avec moi. Il y a beaucoup de guerres dans le monde.

    Pourquoi est-il si difficile d’en comprendre la gravité?

    – En un peu plus de cent ans, il y a eu trois guerres mondiales: 1914-18, 1939- 45, et celle-ci qui est une guerre mondiale. Elle a commencé par bribes et aujourd’hui personne ne peut dire qu’elle n’est pas mondiale. Les grandes puissances sont toutes impliquées. Le champ de bataille est l’Ukraine et tout le monde s’y bat.(…) Toutes les guerres font mal. Il n’y a pas là l’Esprit de Dieu. Je ne crois pas aux guerres saintes.

    Vous critiquez souvent le bavardage. Pourquoi?

    – Les ragots détruisent la coexistence, ils cassent la famille. C’est une maladie cachée. C’est un fléau.

    Comment se sont passées les dix années avec Benoît XVI?

    – Bien. C’était un homme de Dieu, je l’aimais beaucoup. (…) C’était un plaisir de parler avec lui. Je lui demandais souvent son avis. Il me le donnait, toujours équilibré, positif. Un homme sage.

    Le pape Benoît XVI a ouvert la voie à la démission. Qu’est-ce qui pourrait vous amener à démissionner?

    – Une fatigue qui ne permettrait pas de voir les choses clairement. Un manque de clarté, pour savoir comment évaluer les situations. Un problème physique aussi, peut-être. Je demande conseil (…) à des gens qui me connaissent et aussi à quelques cardinaux intelligents. Et ils me disent la vérité: «Continue, ça va bien, mais s’il te plaît: crie à temps!».

    Quand vous saluez quelqu’un, vous lui demandez toujours de prier pour vous. Pourquoi?

    – Aux non-croyants, je dis: ‘Priez pour moi, et si vous ne priez pas, envoyez-moi de bonnes ondes’. Un ami athée m’a écrit : ‘Je t’envoie de bonnes ondes’. C’est une façon païenne de prier, mais c’est une façon d’aimer. Et aimer l’autre, c’est déjà une prière. 


    Paolo Rodari, RSI/cath.ch

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